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18.04.2008

Hommage de PeupleSawa à Aimé Césaire : le dernier des Mohicans s’en est allé 

C’est étrange mais il faut tout de même le reconnaître, la vie ou très exactement la mort de certains hommes ressemble fort souvent à nos propres voyages. Elle est souvent ponctuée d’impression forte. Q’on les aime ou qu’on ne le aime pas, elle ne nous laisse pas indemne.

La disparition ce jeudi du dramaturge Aimé Césaire, ce co-définiteur du concept de la Négritude avec Sédar Senghor et Gontran Damas, ne peut laisser personne indifférente.

Comme certains d’entre vous, j’ai aujourd’hui le sentiment d’être un privilégié pour n’avoir pourtant été qu’un des lecteurs d’une partie de son œuvre en classe de rhéto au Cameroun.

Beaucoup d’hommes et de femmes ont, en leur jeunesse, des rêves généreux ; mais bien peu parviennent à les conserver et à les faire partager au grand nombre. Aimé Césaire l’a fait ! Sa pensée, pour nous Noirs, occupe désormais une place centrale dans notre conception de l’homme et du monde et dans notre rapport à l’altérité.

A sa prise de risque pour penser vrai, il a courageusement ajouté la difficulté de toujours gommer des frontières inutiles ou conventionnelles comme le « civilisé d’occident » et le « sauvage des tropiques ».

L’indifférence aux honneurs et le dégoût de paraître avaient été probablement le secret de sa longévité. Jamais le poète Martiniquais n’a cherché à se hisser sur des talons ni à se hausser d´une perruque. Pour lui la manière de penser était indissociable avec la manière de vivre.

Par son œuvre devenu universel, par son intense activité intellectuelle, Aimé Césaire, cet excellent littérateur devenu patriarche, nous lègue aujourd’hui une pensée humaniste, lucide et exigeante.


Humaniste pour cette dignité humaine toujours placée au centre de ses revendications ;

Lucide par la perspicacité de sa démarche ;

Et exigeante car comme le « Roi Christophe », il n’épargnait personne.Pas même l’Ami Senghor contre qui il signa une pétition lors de l’arrestation de l’opposant sénégalais  Mamadou Dia.

Mais surtout, on ne le dira jamais assez, il a été à l’origine de la longue germination du mouvement de la Négritude à partir des années trente. Excuser du peu!

Il fut aussi à l´origine de la vocation de nombreux compatriotes camerounais devenus, comme lui des hommes de lettres sérieux et respectés.

Aussi peinés que nous soyons, aussi orphelins et aussi esseulés que nous nous sentions, le combat doit continuer, l’engagement pour la Négritude doit survivre à sa disparition.
Toutes les larmes inhérentes à cette douleur devront par ailleurs fertiliser son souvenir dans nos cœurs.

Progressiste communisant sans vraiment jamais être communiste, l’Homme d’écriture et de révolution était rentré politique comme on rentre dans un ring : pour combattre. Devenu édile, il a ensuite travaillé et servi sa Martinique natale avec un dévouement indéniable. Peu de personnes se souviennent que c’est ce grand monsieur qui, en 1946, a fait des colonies Caraïbéennes françaises des D.O.M. (Département d’Outre Mer).

Jamais la parole de Saint Bernard selon laquelle « l’autorité est un devoir » n’aura été aussi bien vérifiée.

En un peu plus d’un demi siècle de service public, ponctués par des mayorats, son amour des idées en marche, sa curiosité hellénique l´ont, sans doute, un peu protégé de critiques malveillantes où l’insulte et le désaveu sont le sort du plus grand nombre des politiques.

Nous perdons aujourd’hui l’un des plus persuasifs avocats de la cause nègre qu’aucun négationnisme ne pourra entacher dans le temps comme dans l’espace. La richesse de son œuvre a fortement crédibilisé l’espoir de ce qu’un quidam des tropiques est à même d’apporter à cette humanité si tristement peu humaine.
Un combat pour la dignité de « ceux qui se cachent dans le cachot du désespoir » ; une lutte qui l’avait fait courir sur la plus grande partie du XXe siècle.

Il nous reste ses écrits pour permettre de conserver, à jamais, le souvenir d´un homme attaché à faire connaître et comprendre les richesses du coeur de la civilisation noire. Il raconte avec chaleur ce qu´il a vu, subit et entendu mais aussi ce qu´il a entrevu et deviné de cette réalité qui échappe aux yeux du corps pour ne se dévoiler qu´à ceux de l´esprit : l’hypocrisie des dominateurs, quels qu’ils soient.


Et ce, avec autant de poèmes captivants et éblouissants, dont la prodigalité traduit un moi et une volonté de dénoncer en perpétuelle éruption.
Une écriture teintée de puissance volcanique dont son « cahier d’un retour au pays natal » est resté à jamais l’archétype même d’un lyrisme militant. 

Sa verve, jamais pris en défaut, parfois caustique, toujours trépidante de beauté, s’est nourrit de la révolte contre la racisme et le déni de démocratie.
Tels des Brutus, ses enfants de ‘‘plume’’ Claude Ribbe et Raphaël Confiant, avec des positions ambiguës sur la question identitaire noire, métisse et républicaine ont voulu désacraliser son œuvre pour mieux ‘’tuer le père’’ ; ils n’auront réussi, contre leurs propres attentes, qu’à le canoniser et à le béatifier davantage dans nos cœurs.

Aujourd’hui il est clair que cette oeuvre littéraire, même polémiste, est restée quelque chose de hautement décisif dans le rapport des hommes révoltés à l´immortalité !
Des pédagogues de métier parleront, peut être, du " rôle " de Césaire dans les salles de classe. Peuplesawa.com a choisi, au-delà de cette oraison et de ce  retour sur cet itinéraire de géni, de suggérer aux élites de demain l´enracinement de ce patrimoine dans leurs actions civiques. Car peuplesawa.com reprouve depuis longtemps l’inanité des prétendues libertés politique et intellectuelle détachées des problèmes du peuple.

S’étant toujours gardé de sombrer dans le racisme noir et dans un irrédentisme démesuré, malgré les fortes tentations de sa vocation littéraire, Aimé Césaire est resté à la fois un initiateur et un modèle de dialogue. Bêcheur indéfectible de cette unique race aux milles et une infortunes, sa vie aura marqué durablement l’imaginaire et le paysage intellectuel négro-africain.

Lui, le nègre de la République, l’enfant de Basse-Pointe, le fils d’Eléonore la tricoteuse et de Nini l’arpenteur, était devenu, sans jactance, à l’instar d’un Nelson Madiba Mandela, l’un des hôtes les plus sollicités de la terre.
Dans ces minuscules atolls antillaises perdus au milieu de la mer des caraïbes, quel étonnement que y soit né un homme d’une telle dimension ?

Depuis quelques heures des hommages plats et hypocrites de certains politiques Français résonnent comme autant de sons de calambour dont le but est de corriger l’indifférence manifestée il y a quelques années lors de la disparition de Sédar Senghor. Face à ce rideau de fumée de ces confiseurs opportunistes, personne n’est dupe !

Après toutes les vexations lamentables de ces derniers mois dont les Africains, l’Afrique et l’Africanité ont été la cible, qui peut dire du reste qu’Aimer Césaire se soit absolument trompé de combat et que, s’il lui eût été possible de poursuivre son oeuvre, sa plume n’eût pas créé de sérieux obstacles à la marche continue du racisme ambiant d’aujourd’hui?
D’ailleurs, au soir de sa vie si pleinement remplie, il s’est même permis de revenir par où il avait commencé : La révolte. Celle qui, des semaines durant, l’a conduit à bouder la visite d’un ex-candidat à l’Elysée adepte du « Rôle positif de la colonisation », j’ai cité Nicolas Sarkozy.
Le peuple sawa rend hommage à ce redresseur de tords du vingtième siècle qui s’éteint avec lui.


Salut l’artiste !


R.Mandjombe
17 /04/08
Peuplesawa.com

Quelques uns de ses célèbres congénères: Léon Gontran Damas, Birago Diop, André Breton, Léopold S.Senghor, Bernad Dadié!

Léon Damas, Birago Diop, Senghor, Bernard Dadié

" Le malheur de l´Afrique c´est d´avoir croisé la route de l´Europe "

« (...) au fond, ce qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est pas l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, c’est l’humiliation de l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les Arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique »

« Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. Une civilisation qui ruse avec ses principes est une
civilisation moribonde »

« Il faut lutter contre un droit qui instaure la sauvagerie, la guerre, l’oppression du plus faible par le plus fort. Ce qui est fondamental,
c’est l’humanisme, l’homme, le respect dû à l’homme, le respect de la dignité humaine, le droit au développement de l’homme. Les formules peuvent différer, bien entendu, avec le temps, avec les siècles, avec les compartimentages géographiques, mais enfin, l’essentiel est là ».

" Le malheur de l´Afrique c´est d´avoir croisé la route de l´Europe "
" Le malheur de l´Afrique c´est d´avoir croisé la route de l´Europe "
" Le malheur de l´Afrique c´est d´avoir croisé la route de l´Europe "
" Le malheur de l´Afrique c´est d´avoir croisé la route de l´Europe "
" Le malheur de l´Afrique c´est d´avoir croisé la route de l´Europe "
" Le malheur de l´Afrique c´est d´avoir croisé la route de l´Europe "
" Le malheur de l´Afrique c´est d´avoir croisé la route de l´Europe "
 

Source: Dikalo la Mboa Sawa | Hits: 17119 | Envoyer à des amis  ! | Imprimer ! | Réagir(0)

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