Downloads   Galeries   Forums   Audios   Vidéos   Liens   Livre d´or   Partenaires   Contact   
  Accueil
  Actualité
  Régions/Peuples
  Historique
  Sawanité
  Le Ngondo
  Tourisme
  Littérature
  VIP
  F.A.Q
  Agendas
  Evénements
  Annonces
  Projets
  Communauté



      
Mr
Ruben Um Nyobe


  Actualité(35)
  Profil complêt
  Rubriques(66)
  Downloads(4)
  Galeries d' images(2)
  Audios(1)
  Vidéos(14)

17.05.2010

L´indépendance, il y a 50 ans ! L´indépendance, depuis 50 ans ? 

Conférence inaugurale sur les 50 ans des indépendances africaines par la Fondation AfricAvenir International, section d´Allemagne Fédérale, Berlin, 15 avril 2010.

I - Scènes et images de mes souvenirs

" Eh, Figure pour toi ? " " Figure pour toi ! " " Merde, figure pour toi ! "

Celui qui ne comprenait pas se retrouvait immédiatement à terre, le sang coulant sur les tempes. Les crosses de fusils n´épargnaient aucune tête, les côtes de certains se retrouvaient cassées en quelques secondes. Tout le monde devait s´asseoir à même le sol, sur des flaques d´eau boueuses, les deux mains jointes derrière la nuque. Surtout les hommes. Peu de femmes traversaient le pont sur le Wouri à cette heure matinale. Nous les enfants, on nous laissait passer. Mais nous voyions nos pères, nos oncles torturés et déshonorés sur cette petite route qui relie le quartier de Bonassama au pont du Wouri. Personne n´avait le droit de parler, les camions jonchés de militaires s´alignaient à perte de vue.
Comment certains avaient-ils pu déchiffrer le code ? Quand les soldats vociféraient leur " figure pour toi ?! ", ceux-là sortaient spontanément leur carte d´identité et la tendaient aux soldats en armes.

Ces Africains étaient élancés et bien noirs, ils ne venaient d´aucune région proche de Douala, ils arrachaient avec une extrême nervosité les cartes d´identité que les citoyens qui avaient compris leur présentaient, ils les lisaient même à l´envers, comme si la photo d´identité ne leur servait pas de repère pour savoir où était le haut et où était le bas de la carte. Ces soldats illettrés venus peut-être du Tchad ou de la Centrafrique se moquaient de cette " figure pour toi " qu´ils arrachaient des mains des citoyens qui se rendaient à leur travail de bon matin. Tout le monde dans le camion, les mains derrière la nuque ! Les malchanceux à terre sur les flaques d´eau !
Ce sont ces scènes que nous avons vécues souvent le matin, à Bonabéri, en voulant traverser le pont du Wouri pour aller à l´école, avant la fête de l´indépendance, et surtout des années après. Tous les enfants des écoles étaient partis au défilé de l´indépendance. En classe, le maître nous avait appris l´hymne. Chacun la connaissait par cœur. Ce jour-là, nous la chantions au pas militaire : un, deux ! un, deux ! un, deux !

Ô Cameroun berceau de nos ancêtres
Autrefois tu vécus dans la barbarie
Comme un soleil tu commences à paraître
Peu à peu tu sors de ta sauvagerie !
Que tous tes enfants du Nord au Sud,
De l´Est à l´Ouest soient tout amour,
Te servir que ce soit leur seul but,
Pour remplir leur devoir toujours.

Refrain
Chère patrie, terre chérie,
Tu es notre seul et vrai bonheur,
Notre joie et notre vie,
A toi l´amour et le grand honneur.

Nous étions donc des sauvages et des barbares, et nous le chantions avec fierté, à tue-tête. J´avais participé à ce défilé, mais je cherche en vain des images dans ma tête aujourd´hui, je me souviens seulement que nous étions tous très fatigués. Ma sœur qui habitait au camp des chemins de fer à Bassa me dira aussi que régulièrement, en allant à l´école, des cadavres jonchaient les rues, résultant des fusillades de la nuit. "Patriotes, avancez !" " Soldats, attaquez, tirez! " C´est ce qu´elle entendait la nuit, sous la fenêtre, morte de peur dans son lit. Mais c´est du pont du Wouri qu´un jour, revenant du Collège Alfred Saker, en 1960, j´ai aperçu des flammes immenses et des fumées gigantesques un peu derrière le quartier Akwa. Plus tard, on nous dira que le quartier Congo avait brûlé. Je sais aujourd´hui que ce fut le 24 avril 1960 et qu´il y eut environ 2000 morts, selon certaines sources. Un de nos enseignants du collège Alfred Saker avait cessé de venir nous faire cours et la police avait fait son intrusion au collège pour le chercher. C´est alors que nous apprendrons que des hélicoptères avaient versé de l´essence au quartier Congo et que l´armée des " figures pour toi " avait encerclé tout le quartier pour que personne ne sorte pendant que les flammes nourries par l´essence dévoraient tout à leur passage. Aujourd´hui, plusieurs sources indiquent que ce fut du napalm.

En ces temps, on nous dira que notre professeur était devenu un maquisard , un criminel, un révolutionnaire, un communiste, un ennemi de la nation C´est cela que j´ai vécu les jours de l´indépendance, chez moi à Bonabéri, à Douala, où j´habitais. Ma mère ne dira jamais rien, elle ne faisait jamais de commentaires. C´est peut-être quinze ans plus tard, quand je lui demanderai les documents de mon feu père décédé en mai 1957, donc avant l´indépendance, qu´elle m´avouera :
" Ton père était membre de l´Union des Populations du Cameroun, l´UPC, plusieurs réunions se tenaient ici à la maison. Le gouvernement disait que c´étaient des criminels à abattre. Après sa mort, j´ai enveloppé ses documents dans une grosse boîte en aluminium et je les ai enterrés derrière la maison. Je ne voulais pas que l´armée vienne nous tuer à cause de l´indépendance, je devais vous protéger et vous faire grandir. "
II- Eliminer les patriotes africains à tout prix et perpétrer la soumission en Afrique

Où fallait-il creuser derrière la maison? Après quelques essais infructueux, j´ai dû abandonner, me disant que les termites auront eu raison de la boîte d´aluminium et des documents. Je ne tiendrai pas rigueur à ma mère puisque moi-même étudiant, j´apprendrai que Félix Moumié, autre leader de l´UPC, aura été empoisonné à Genève par les services secrets français, et étant en France, je suivrai de près la parodie de procès fait au leader de l´UPC Ernest Ouandié et sa pendaison publique à Bafoussam le 15 janvier 1971. Pour rendre hommage à Ouandié, J´ai réagi aussitôt en écrivant une pièce de théâtre, "Le soleil de l´aurore". Je ne sais pas comment me l´expliquer, mais encore étudiant, j´ai rendu un vibrant hommage à ces " martyrs africains de janvier ". Le 17 janvier 1961, Patrice Lumumba a été assassiné, et ma première pièce de théâtre rédigée en 1968 en langue allemande, "Lumumba II.", lui a été consacrée. A mon premier enfant, une fille, j´ai donné le nom de Patricia. Les Portugais ont assassiné Amilcar Cabral le 20 janvier 1973, et ma réaction immédiate a été la rédaction de la pièce de théâtre "Amilcar Cabral ou la tempête en Guinée Bissau" achevée en juin 1973. Même Sylvanus Olympio a été assassiné le 13 janvier 1963 au Togo. Est-ce une conjuration du mois de janvier pour définitivement faire taire tous ceux qui réclamaient une Afrique de la dignité ? Nous avions défilé pour l´indépendance du Cameroun le 1er janvier 1960, et la peur régnait dans la ville, à Douala. Le couvre-feu réglementait les heures de sortie et les militaires tuaient à leur guise, sans rendre compte à personne. C´est ce que j´ai retenu de notre indépendance, encore jeune collégien des classes de sixième et cinquième.

Etats-Unis d´Afrique

Plus tard, au lycée en Allemagne, je suivrai en 1963 dans les journaux la réunion à Addis-Abeba des chefs d´Etats de la nouvelle Afrique dite indépendante. Certains chefs d´Etats comme Kwame Nkrumah ou Ahmed Sékou Touré se rendront directement à Addis-Abeba et rentreront chez eux après, directement. Mais d´autres présidents comme Senghor du Sénégal, Houphouët Boigny de Côte d´Ivoire, Ahmadou Ahidjo du Cameroun ou Léon Mba du Gabon se rendront d´abord à Paris, prendront une grande photo avec le Général de Gaulle au milieu, avant de se rendre à Addis-Abeba. Une fois la réunion terminée, ils retourneront à Paris, prendront une nouvelle photo avec le Général de Gaulle au milieu, avant de rentrer dans leurs capitales africaines. La création des Etats-Unis d´Afrique en 1963 à Addis-Abeba ne pouvait que avorter. Comment des supposés chefs d´Etats pouvaient-ils aller prendre des instructions d´abord et aller rendre compte en groupe ensuite, à Paris, lorsqu´il s´agissait de créer un grand ensemble pour l´avenir du continent africain ?
C´est à ce moment au plus tard dans ma jeunesse que j´ai compris que l´Afrique avait perdu la bataille des indépendances, que nous vivions un cuisant échec dans la libération des pays africains. Le 24 février 1966, alors qu´il faisait un voyage en Chine, Nkrumah, encore dans l´avion pour Pékin, est renversé par un coup d´État militaire. Ce sont les Chinois qui le lui annonceront à sa descente d´avion.

A Munich, je vois encore comment moi, jeune lycéen, j´assistai impuissant et révolté à la fête que les Allemands organisèrent à la maison des étudiants afro-asiatiques dirigée par un prêtre catholique. Ils avaient invité des étudiants ghanéens à célébrer ensemble la chute du défenseur du panafricanisme qu´était Nkrumah. La leçon était claire pour moi : si tu veux être l´ami des Européens et Américains d´origine européenne, tu dois être contre les intérêts de l´Afrique et des Africains. Si tu oses défendre l´Afrique et tu dénonces le pillage de nos ressources, alors, tu es dénoncé comme maquisard, brigand, assassin, tueur, extrémiste, gauchiste. Ton seul salaire juste est d´être assassiné ou emprisonné sans espoir d´être libéré un jour. Et tous ces pays qui envoyaient leurs armées et leurs mercenaires, tous ces pays qui manipulaient nos enfants devenus traîtres d´eux-mêmes, tous ces pays qui brûlaient nos villes et nos villages, qui assassinaient nos enfants patriotes, oui, tous ces pays clamaient haut et fort être démocratiques, dépositaires des droits de l´homme, pays du progrès et de la liberté ! Il fallait nous clouer le bec à tout prix et nous isoler, nous qui avions le malheur de comprendre les mécanismes du système d´aliénation et de la nouvelle colonisation. Cela ne nous a pas empêché de danser. De danser au pas de " Indépendance, Cha cha ! "…

Independance Cha-cha to zuwi ye !
Oh Kimpwanza cha-cha tubakidi
Oh Table Ronde cha-cha ba gagner oh!
Oh Lipanda cha-cha tozuwi ye!

1. Asoreco na Abako
Bayokani Moto moko
Na Conakat na Cartel
Balingani na Front Commun
Bolikango, Kasavubu mpe Lumumba na Kalondji
Bolya, Tshombe, Kamitatu, oh Essandja, Mbuta Kanza. Ref/

2. Na Mnc, na Ugeco
Abazi, na PDC
Na PSA, na African Jazz na Table Ronde mpe ba gagner! Ref/

Au fur et à mesure que je grandissais, je comprenais que pour avoir une place en Afrique, il fallait obligatoirement coucher avec les traîtres et l´Afrique, même la nouvelle police nationale avait pour fonction de traquer tous ceux dont le cœur battait résolument pour le pays.
" Si tu ne pactises pas avec le nouveau colon, tu n´a pas de place au soleil dans l´Afrique indépendante. Et tu croupiras au fond des cachots ou tu crèveras de faim dans la misère. On t´isolera, et chez toi, tu seras un " no body ! ". Tiens-le toi pour dit ! "
Assommant, ce que tous les signaux nous faisaient comprendre. Beaucoup de nos compatriotes se sont conformés à cette situation, même de vaillants pères, de vaillantes mères qui ont lutté pour l´indépendance se sont finalement rangés à cette nouvelle réalité politique de l´échec de nos indépendances. Pour survivre, ou simplement pour devenir "les gens bien de là-bas", on s´entend, on s´accommode pour régner chez soi en délégué régional d´une puissance étrangère ou d´une multinationale. On ne doit pas son pouvoir à nos populations, mais à un étranger stratégiquement et militairement puissant chez nous.

C´est de lui que dépendra si on reste au pouvoir ou si on est éjecté ou tué. On ne vit qu´une seule fois, n´est-ce pas ? Alors, que voulez-vous …
En 2010, faut-il toujours mettre les intérêts de son peuple africain en second plan pour pouvoir diriger son pays ? La désillusion est venue chez bon nombre de nos dirigeants africains. Même ceux qui avaient accepté de pactiser avec les puissances ou multinationales étrangères pour accéder ou rester au pouvoir se sont retrouvés souvent humiliés par leurs interlocuteurs devenus bailleurs de fonds. Ils constataient avec amertume, dans l´isolement du pouvoir, combien il était difficile de mettre en avant les intérêts de son propre pays sans risque de perdre le pouvoir. La marge de manœuvre devient bien étroite dans cet exercice périlleux de la conservation du pouvoir. Même des réformes profondes souhaitées par un chef d´Etat africain doivent être diluées dans un langage qui ne brusque pas le partenaire extérieur, véritable détenteur de la réalité du pouvoir à l´intérieur de nos pays, et les rencontres internationales comme le dernier sommet de Copenhague ne font que confirmer le désarroi profond de nos dirigeants. Il est de notre devoir de saluer ces chefs d´Etat africains qui, dans des conditions aussi difficiles d´une indépendance dans la dépendance, ont essayé de gérer avec honneur et patriotisme.

Lire le document complet dans la rubrique DOWNLOAD

Par le Prince Kum´a Ndumbe III *

 

Source:  | Hits: 29096 | Envoyer à des amis  ! | Imprimer ! | Réagir(0)

PLUS DE NOUVELLES


  Notre devoir de MÉMOIRE à l´occasion du 42ème anniversaire du décès de Ernest Ouandié
( | 15.01.2013 | 33751 hits  | 0 R)

  Situation en Côte d´Ivoire: Déclaration et Appel du Bureau du Comité Directeur de l’UPC
( | 08.12.2010 | 34055 hits  | 1 R)

  Hommage à Um Nyobé, 52 ans après !
( | 14.09.2010 | 28647 hits  | 1 R)

  Cinquante ans de décolonisation africaine
( | 18.03.2010 | 28399 hits  | 0 R)

  Les circonstances de l`assassinat de UM Nyobe, par Louis Noé Mbengan
( | 18.03.2010 | 26078 hits  | 0 R)

  Wilson Ndeh Ntumazah parle
( | 06.02.2010 | 25957 hits  | 0 R)

  UPC: Le président Ndeh Ntumazah est mort! The Passing of a Great Man!
( | 25.01.2010 | 29492 hits  | 0 R)

  CAMEROUN, Autopsie d´une Pseudo-Independance (le film)
( | 04.05.2009 | 24523 hits  | 0 R)

  Marthe Moumié, la "fidèle combattante" inhumée à Ebom Essawo
( | 02.02.2009 | 29555 hits  | 0 R)

  Marthe Moumié, la veuve de Félix, retrouvée étranglée au Cameroun
( | 11.01.2009 | 30145 hits  | 0 R)

  Vie et Oeuvre de Ruben Um Nyobè
( | 05.09.2008 | 28281 hits  | 0 R)

  Cameroon, Autopsy Of An Independance. answers on this taboo story during the colonial age
( | 01.08.2008 | 25162 hits  | 0 R)

  Quand la France massacrait au Cameroun dans les années 60
( | 28.06.2008 | 31164 hits  | 0 R)

  Vidéo - Cameroun : autopsie d´une indépendance
( | 25.06.2008 | 25351 hits  | 0 R)

  Neo-Colonialism, the Last Stage of imperialism, by Kwame Nkrumah, 1965
( | 25.05.2008 | 33663 hits  | 0 R)

  OBSTACLES AU DIALOGUE NORD-SUD par Chinua ACHEBE
( | 25.05.2008 | 30161 hits  | 0 R)

  RAPPORT SUR LE MAQUIS OSENDE AFANA : Sud-Est Cameroun: 1er Septembre 1965 – 15 Mars 1966
( | 31.01.2008 | 36484 hits  | 1 R)

  1962, écrits prophétiques d’Ernest Ouandié: Citoyens libres ou esclaves?
( | 15.01.2008 | 25873 hits  | 0 R)

  January 15, 1971- UPC Leader, Ernest Ouandie executed
( | 06.01.2008 | 32462 hits  | 0 R)

  Discours de Ruben Um Nyobe a l´ONU le 17/12/1952 et Hommage d´Achille Mbembe
( | 20.09.2007 | 31362 hits  | 0 R)

  Ruben Um Nyobe : modèle d’homme de culture
( | 13.09.2007 | 28850 hits  | 0 R)

  Um Nyobé: Cet autre hommage à Mpondol
( | 01.07.2007 | 35184 hits  | 1 R)

  Hommage: Un monument pour Um Nyobe
( | 26.06.2007 | 26277 hits  | 0 R)

  Une inébranlable conviction sur notre destin, par Shanda Tonme
( | 25.06.2007 | 31372 hits  | 2 R)

  GHANA 50 ANNIVERSARY
( | 06.03.2007 | 26912 hits  | 0 R)

  Film: Assassinat de Felix Moumié
( | 27.12.2006 | 29577 hits  | 0 R)

  UPC: Union des Populations du Cameroun
( | 15.09.2006 | 24998 hits  | 0 R)

  UM NYOBE NOUS A APPRIS A REFUSER D’ETRE ESCLAVES
( | 13.09.2006 | 27377 hits  | 0 R)

  UM NYOBE, héros national, Assassiné ce 13 Septembre 1958
( | 06.09.2006 | 40911 hits  | 8 R)

  Me Black Yondo parle
( | 06.09.2006 | 28502 hits  | 0 R)

  Ruben Um Nyobe
( | 06.09.2006 | 28402 hits  | 0 R)

  Ruben Um Nyobè, Précurseur des Indépendances Africaines Avait Prévenu !
( | 06.09.2006 | 27784 hits  | 0 R)

  Cameroun : la guerre d’indépendance oubliée
( | 06.09.2006 | 27367 hits  | 0 R)

  Dits et écrits de UM NYOBE
( | 01.01.1970 | 27700 hits  | 0 R)






Jumeaux Masao "Ngondo"

Remember Moamar Kadhafi

LIVING CHAINS OF COLONISATION






© Peuplesawa.com 2007 | WEB Technology : BN-iCOM by Biangue Networks