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22.10.2006

PEUPLE SAWA: avant de passer à l´action - TROISIEME FEUILLE DE ROUTE 

Est-il possible, et si oui comment, dans le champ immense des erreurs qui n´épargnent personne de nous, dans cet exercice de la raison voir de l´imagination au service du peuple sawa, dans le dédale des conclusions précoces , des sophismes spécieux, des raisonnements captieux, des sorites aporétiques, associes à toute forme de turbulence etc..., de distinguer un chemin sûr qui nous garde de l´erreur et nous conduise certainement du beau au vrai de l´utile à l´agréable, des manœuvres dilatoires à l´engagement véritable de la soif des eugémonies au succès du collectif ?

La question est d´importance, elle est délicate et urgente ; c´est un devoir de vérité.

Mboa, l´heure est donc venue, nous voici de nouveau ensemble et je vous salue pour ce merveilleux retour.

Oui nous voici donc devant notre histoire.
Nous voici après avoir manqué à la révolution industrielle et commerciale devant la révolution des nouvelles technologies de l´information et de la communication.
Voici l´occasion plus que jamais de rattraper le temps perdu grâce à la cybernétique.
Voici venu le temps de l´action.

A muna sawa voici pour chacun de nous l´heure de vérité.
La vérité qui rend libre.
La vérité qui engendre la lumière.
La vérité comme l´aurait souhaité Gandhi car pour le Mahamat il aurait été plus juste de dire la vérité est Dieu et non Dieu est vérité comme le défend ma foi chrétienne, Gandhi situe donc la vérité au dessus de toute chose, c´est la cause première qui doit précéder tout phénomène existentiel, tout exercice de la pensée, toute action.

Appliqué au concept de la sawanité la vérité est donc l´accord parfait entre le discours que nous devons tenir et la réalité que nous vivons. C´est une idée, un horizon, un idéal qu´on poursuit en utilisant plusieures méthodes dans une recherche plurielle pour produire des affirmations de mieux en mieux justifiées. Mieux encore, c´est un principe régulateur qui permet un perfectionnement continu de notre concept, qu´une réalité, qu´un seul individu pourrait posséder à moins qu´il ne nous provienne d´une autre planète.

Pour ma part ; La vérité expérimentale a toujours été mon fil conducteur : c´est la non-contradiction de mes jugements, la cohérence et l´équilibre de mes énoncés, le cap et l´ allure dans mes interventions, le respect et l´humilité à chacune des lettres, chacun des mots, chacune des phrases qui accompagnent mes sentiments à chaque fois que je prends l´engagement de vous écrire.

Mboa, c´est ainsi que face aux incertitudes de notre temps amplifiée par la dégénérescence continue de nos institutions, face aux sentiments d´impuissance parfois à l´étreinte du désarrois, chaque enfant sawa recherche en ce moment des références plus personnelles parfois plus immédiates ; la famille, les solidarités de proximité ; l´ engagement associatif etc. etc.

Cette aspiration est naturelle, c´est même un atout, elle témoigne d´une nouvelle dynamique qui donne libre cours à votre énergie et à vos initiatives.
La ligne de front de cette sawanité active passe désormais par un brisement intérieur, une espèce de nouvelle naissance qui fera de nous désormais des hommes d´action, c´ est pourquoi nous avons l´ardente obligation d´agir car ce n´est ni dans l´immobilisme ni dans la nostalgie que nous retrouverons le sens que nous tenons à donner à notre existence dans ce monde qui se complique chaque jour d´avantage.

C´est d´ailleurs pour cette raison que je saisis le sentiment conflictuel de désarrois parfois de révolte que manifestent certains des nôtres.

Ce combat est de ceux qui vont décider du visage de la région dans l´avenir ; il faut donc être vigilant et intransigeant pour ne pas tolérer l´intolérable mais méthodique et intelligent pour espérer porter véritablement fruits.

Comment pourrions nous apporter des solutions à notre peuple si nous n´avons même pas conscience de ses problèmes réels ?
Comment espérer sauver notre peuple qui se meurt sans examiner rigoureusement quels sont la nature et l´origine des lésions que subit notre peuple aujourd´hui ?
La suite logique d´un tel raisonnement voudrait que, chacun, en s´inspirant ou non du présent texte, se fasse une lecture rapide des graves difficultés que traverse notre région aujourd´hui.

La reconfiguration du Sawaland

La République a commis des péchés, ceux-ci pouvant être fatals, à commencer par la naissance de l´Etat qui a volé aux régions leur autonomie et leur indépendance. Elle a continuer cette besogne inacceptable par un découpage administratif arbitraire ayant réussi à balkaniser le peuple sawa du Cameroun avec cette fâcheuse conséquence d´ avoir disséminer les sawas sur trois provinces différentes ; situation unique au Cameroun.
La République continue à pécher par avarice lorsqu’elle manque à son devoir de garantir le droit des minorités dans un pays où l´expansion et la concurrence déloyale orchestrées par des groupes numériquement plus avancés étouffent de bien gré toute velléité d´ inté-gration des membres des sociétés dites minoritaires.

Le Prix du développent

Nous estimons que la région et le peuple sawa payent un lourd tribut au développement collectif de la nation camerounaise.
Par solidarité avec nos compatriotes des régions désertiques du nord Cameroun, nous ne pouvons tourner le dos à une gestion républicaine des fruits de la croissance de même que nous ne saurions nous opposer à une répartition nationale des richesses du pays bien que le Sawaland représente 80% de la production intérieure de notre économie.

Cependant, et c´est ici que nous voulons retenir votre attention, notre tolérance et notre sens de la République ne doivent pas servir d´alibi à ceux qui rêvent de nous asphyxier
Notre sens d´accueil et nos amitiés faciles avec tous les peuples ne sont pas du tout des tares mais des vertus qui peuvent très facilement se transformer en griffes en cas de crise majeure.

Aujourd´hui il y a une situation très complexe d´expropriation des domaines pour lesquels il y a108 ans Nos Ancêtres ont offert en sacrifices leur vie.
Ces expropriations sont de trois ordres :
La première a eu lieu à travers un désordre orchestré pendent le maquis des indépendances. Sous le prétexte de cette lutte noble, des villages entiers, des quartiers voir des villes ont été envahis par des peuples venus d´ailleurs, des terrains ont été occupés des forêts détruites, des plantations crées sans aucune autorisation des population autochtones.

La deuxième a été une expropriation néo-colonial ; les exigences d´intégration dans un environnement ayant complètement dénaturer les rapports sociaux et les bases du développement ont obligé une bonne partie des sawas à brader au prix d´un billet d´ avion des parcelles de terrain qui servent de centres commerciaux à ces nouveaux riches d´aujourd’hui.

La troisième et la plus importante de ces expropriations est bien évidemment l´expro-priation pour cause de développement collectif ; la fameuse utilité publique.
Les sawas jouissent du sol et du sous-sol le plus riche du territoire camerounais ; ses côtes interminables constituent la seule issue au désenclavement du hinterland national et de plusieurs pays de la sous région sans compter qu´elle abrite par ailleurs toute la pêche industrielle et commerciale.

C´est donc pour cette raison j´imagine que l´Etat est venu installer l´OCB à Njombe la Socapalm à Nkapa, l´Hevecam et la Cdc (deuxième employeur après la fonction publique).
Sur l´espace sawa sont également installés les hydrocarbures, la Sonara, le Botanic Garden, la réserve de Dibunje le port et l´aéroport qui ont favorisé l´écoulement des marchandises des uns et des autres, le parc à bois, les entreprises para, les marchés, le stade de la réunification, les voies publiques pour répondre aux exigences de circulation d´ une population devenue nombreuse par effet d´immigration.

Malheureusement, et c´est là où naîtra la révolte, les sawa ne semblent pas avoir bénéficié de ce processus de développement national, pire il ne sont presque plus associés à la gestion des ces richesses qui sont pourtant basées sur la terre Nos Ancêtres.

La perte de contrôle

La sawanite n´étant pas un brevet de compétence, il va de soit que nous ne saurions exiger par le seul fait d´être sawa d´obtenir la gestions des ressources et des structures de notre région.
En revanche Nous comprenons le désarroi des nouvelles générations instruites et compétentes mais marginalisées par les agents du négationnisme ethnique, et qui ont peur de perdre leur place dans la société. Nous partageons leur crainte d´être laissés au bord des chemins de l´histoire, abandonnés à un sentiment d´impuissance par les acteurs économiques, politiques et médiatiques.
Il est donc question pour le peuple sawa de retrouver absolument le contrôle de nos cités par la prise en main effective de la gestion des projets de développement aussi bien à travers nos municipalités que par le biais de la coopération décentralisée.

Sur le plan culturel
Il importe de pouvoir décider nous-mêmes et de ne pas, si possible, laisser notre culture être commercialisée par les autres. Il est utile, enfin de savoir pourquoi les sawas ne produisent pas la musique sawa.
Pourquoi les œuvres des sawa n´aident pas nos artistes à produire des richesses ?
Quelle idée déjà nous faisons nous de l´œuvre d´art dans la Région sawa ?
Comment nos festivités culturelles, danses, rites, jeux, chants, gastronomie et spécificité vestimentaires déjà reconnus par l´Unesco comme culture vivante peuvent-ils devenir un moteur de développement économique ?
Le chemin à parcourir se fera avec d´autant plus de courage et de détermination que la victoire sera nôtre.
Mboa pour y parvenir
Nous avons pensé qu´il suffisait de dénoncer une société à plusieures vitesses, source d´exclusions multiples.
Nous avons rejeté avec des termes plus ou moins évocateurs cette vision de l´être humain réduit à l´individu producteur et consommateur, délié de toute communauté, ainsi que privé de son passé et de son histoire.
Nous nous sommes insurgés contre le dieu argent, et la logique du capitalisme mercantile.
Nous avons parfois brandi la construction d´un avenir commun et d´une société vivable pour tous, chacun à notre niveau, chacun à sa manière.
Nous avons marché pour réclamer le retour de Nkongsamba aux enfants du Moungo.
Nous avons marché pour exiger le retour de la communauté urbaine de Douala aux fils du Wouri.
Nous avons marché pour réclamer le contrôle de nos municipalités sur tout le Sawaland.
Nous avons décrié à travers Muendi et Elimbi deux journaux à l´idéal contestable l´inva-sion du peuple sawa et tout récemment encore sur quelques blogs malheureusement crypté de haine et de fanfaronnade.
Tout compte fait le but visé par toutes ces actions reste et demeure la défense du peuple sawa et sa participation effective au développement de ce pays auquel ensemble nous avons donné naissance.

Cependant une simple vérification empirique pourrait pourtant suffire à démontrer l´insuffisance, l´inconsistance et les limites d´une telle approche.
Notre peuple doit identifier avec toute la rigueur,
qui sont nos véritables détracteurs. En somme quelle est notre véritable adversité .

Cet usurpateur ; cet imposteur ; cette oligarchie ou comme disait Gustave Essaya cette bourgeoisie compradore envahissante n´est qu´un être de raison artificiel. C´ est un personnage qui peut prendre plusieurs formes à la fois sans être exactement celui que nous indexons.

L´adversité que je tiens à nous révéler, le bourreau réel, est beaucoup plus complexe : il est de nature multiple, appartient à plusieurs époques, il vit en nous mais il vit aussi quelque part, nous berce, nous observe, nous étudie, se dote de moyens et nous attend au tournant.

Le combat est donc de taille, il exige de tout enfant sawa non pas seulement l’enthou-siasme ou la volonté mais bien plus. C´est pour cela qu’une sawanité pratique et objective se ressourçant dans la mémoire de Tet´Ekombo et de tous nos Martyrs se propose d´ in-citer le peuple à une réflexion profonde de ce qui doit être notre action commune à l aube de ce troisième millénaire.

Commençons donc par engendrer dans notre esprit un sentiment de renaissance véritable. C´est une douloureuse opération qui passe absolument par l´autocritique et la remise en question de certains paradigmes ; j’en suis conscient.

La remise en question fouette. Elle est rarement spontanée, aisée, précoce. Sa nourriture est le temps, la souffrance, l´impasse, le doute. Très souvent elle se complaît dans l´espoir et prend même plaisir au rêve. Elle relance alors notre dynamique intérieure en nous permettant de voir où nous avons péché.
C´est donc ainsi que nous pouvons reconnaître la candeur qui nous a caractérisé durant les décennies écoulées.Très souvent reconnu comme peuple trop occidentalisé les sawas de la première génération ont péché par leur socialisation naïve à la culture des ex-colons. Plusieurs parmi eux ont été pris au piège du snobisme et du complexe de supériorité. Le grand poète Eboa Lottin dans sa chanson intitulée Bessombe résume clairement cette situation ; nos frères sont allés en Europe massivement ce qui n´étaient pas une mauvaise chose en soit. Le drame commence quand ils cessent de se considérer pour ce qu’ ils sont. Les sawas sont arrivés en Europe presque à la même période avec les Sénégalais et les Jamaïcains d´Angleterre pour ne citer que ceux là. Pourtant si les Sénégalais peuvent se réjouir d´avoir construit des villes toutes entières avec des fonds issus des travailleurs immigrés, 90% des sawas ont un bilan très mitigé.

Ils avaient pourtant la possibilité de faire de bonnes études ; de nouer des relations de partenariat économique et de rentrer reprendre le destin de notre région voir des terrains qu´ils ont bradé au prix de rien.
Mboa, nous sommes majoritairement passé à côté de l´essentiel. C’est ainsi qu´après des décennies de vie en Europe, on a tout perdu au bercail. Nous n’avons rien épargné et nous continuons à croire que nous ne sommes pour rien dans notre drame. Tous les jours chacun repasse son costume, se parfume à la rose mystique, téléphone portable dernière génération. Le rendez est pris chez Sita Bekwadi, la bière coule, les braises font saigner le poisson, le téléphone sonne chacun jure au nom de Paris, Londres, Berlin, Rome, Bruxelles, etc. etc...

Demande nous de faire un wester-union à la petite copine qu´on a abandonnée en état de gestation durant notre dernier passage à Bonasama ; c´est comme si tu demandais de livrer tout le capital, c´est à dire vendre toutes nos griffes.
Mboa, c’est la triste réalité, c’est celle la qu´il faut commencer par changer. N´ayons par peur de nous reconnaître dans ce texte quand c’est le cas.
Pourquoi nous est-il si difficile de remettre en question nos jugements, nos croyances, nos certitudes, les différents choix de notre vie ?
Aujourd´hui tout le monde se plain du Makossa qui est pris en otage par des lobbys financiers venant de l´autre côté du fleuve, et c´est vrai, essayez de saisir sur la barre d´ adresse de votre navigateur Internet les liens suivants :www.makossa.com ou alors www.makossa.net

Le résultat est accablant. Ces noms de domaines ont été privatisés par de malins esprits qui veulent présenter et commercialiser une culture qui n’est pas la leur nous obligeant à nous contenter de camerfeeling et autres.
Mais pourquoi de telles situations arrivent-elles et surtout perdurent-elles ?
Simplement par ce que nous les sawas, nous dormons au premier banc, si non comment comprendre que depuis deux ans ces deux noms de domaine soit privatisés et que personne ne se gène à réclamer la lumière sur les faits ou à saisir le ministère de la culture pour la cause ; C’est toute une carte culturelle qui est ainsi en jeux.

Revenant aux problèmes des productions musicales et de l´impact sur l´économie, je tiens à rappeler que l´artiste aujourd´hui est une potentielle source de richesses. Souvenons nous comment au plus profond de la misère des noirs du sud des Etats des Unis le Hip hop a défait toutes les chaînes de la pauvreté pour ériger à l´autel du capitalisme des nouveaux venus de race noire. Les capitaux mobilisés par les artistes noirs américains pour soutenir l´unique sénateur noir actuellement en exercice aux USA sont un signe assez révélateur.

Sharon, Ziggy, Styven, Cedela et leur maman Rita Marley continuent à élargir le patrimoine de leur père et époux l´émérite Bob Marley par la construction des maisons de production, d´enregistrement, école de musique et tout récemment l´inauguration d´un nouveau musé du Régué à New york. La famille travaille sans frimer, elle y met du sérieux comme dans toute profession. Ils ont investi dans plusieurs sociétés au point de devenir un des agents économiques importants de Jamaïque qu´ils ont par ailleurs contribuer à rendre célèbre grâce à la musique : voilà à quoi peut servir le Makossa dans sa relative par d´influence.

Plus près de nous en Afrique, les fortunes réalisées grâce à la musique sont bien visibles ailleurs sauf chez nous. L´Empire de Fêla au Nigeria (la série interminable de cabarets, maison de disque studio d´enregistrement, entreprise de production etc. etc.).
Le groupe Youssou Ndour au Sénégal (Immeuble Ndour, suite de villas où sont logés tous les artistes du groupe de la super star, Radio FM N2 du Sénégal)
Ou le complexe Alpha Blondi (Suite immobilière, studio d enregistrement, maison de production et de duplication en Côte d´Ivoire)
Tous ces exemples sont éblouissants à notre égard et à imaginer que nous avons produit plus de talents musicaux que tous ces pays me fait mal à l´esprit. Rafraîchissons la mémoire. Si les sawas ont un don particulier dans la musique, il faut noter qu´il est complet et global.

Des solistes de la taille de Toguy ou Manulo sont d´une espèces rare même si le pays est reconnu à l extérieur plustot comme le berceaux des meilleurs bassistes au monde et pour cause. Souvenez-vous: Jean Dikotto Mandegue le numéro 1 mondial des années 70 bassiste d´Ossibisa à LONDRES .
Vicky Edimo, le réformateur du Makossa, bassiste de renommée internationale.
Emile kangue bassiste des Black-styl´s
Kiki MBASSI
Etienne MBAPPE
Richard Bona l´actuel numero 1 mondial pour ne citer que ceux-là.
Mboa, ce n´est pas tout. Nous avons toujours réalisé de grandes performances. Avez vous entendu parler d´Aschanti Tokoto. Il fut trois fois disque d’or, meilleur chanteur, meilleur danseur.
Ekambi Brillant ; voici certainement le plus grand auteur compositeur camerounais. Il détient également le record des succès jamais réalisé par un chanteur de Makossa. La Californie, l´Afrique de l’ouest et du nord, l´Europe de l´ouest et du nord garde le souvenir de cet ambassadeur incomparable de la musique camerounaise.
Enfin GRAND MANU DIBANGO la légende vivante. Si ce sawa détient le record de la longévité sur scène et dans une vie d´artiste il est aussi et surtout un saxophoniste d´audience planétaire. Il représente l´Afrique au concert annuel du Vatican, il est la vedette principale du festival Manu Dibango qui se tient chaque année en France et il fut pendant longtemps la référence internationale du Makossa.

La culture sawa n´a pas que produit des musiciens, Barron Douala, Yaffet Kotto et Maka Kotto ont confirmé nos dons artistiques dans le cinema américain et européen. Dikongue Pipa est le premier cinéaste camerounais.
Alex Stéphane Ewane, Vincent Ndoumbe Douala et tout récemment Serge Ngando Ntone et le regretté Jaques Epée Songue arraché à notre fraternité il y seulement quelques jours ont confirmé notre succès aussi bien dans la fiction télévisée que dans la réalisation.

Les arts ont bel et bien été valorisés par Francis Mbella sur les traces duquel s´inscrivent merveilleusement des écoles comme Douala Art .Comme pour dire qu´en fait ce n’est pas le talent qui fait défaut les succès ont été réalisés des millions ont été gagnés, l´argent a coulé à flot, des sommes importantes ont été brassées par les uns et les autres. Tous ces artistes ont été et continuent pour certains à brasser de grands capitaux ; c´est très beau me diriez vous et vous avez raison sauf qu´il y a une zone d´interrogation, mes frères, et c´est la question du bilan.

Mboa, posez leur la question : Qu´avez-vous fait pour la survie de votre culture, pour la continuité de votre entreprise, pour l´autonomie de votre production ?

A muna sawa rien que des regrets encore des regrets et toujours des regrets.
Si Eyango, Turbo, Sam Mbende, Dina et Tom Yoms peuvent nous réjouir d´avoir divorcer de cette logique de l´incapacité de la dépendance et même de la fatalité, le problème n´en demeure pas moins inquiétant que les 97% n´ont pas encore procéder à cette brisure, à cette renaissance, à cette auto-critique, à cette remises en question.

Mboa, les artistes viennent de passer dans ma ligne de mire simplement à titre symbolique. Ces comportements ont peut les noter chez tous les sawas : ingénieurs, médecins, cadres, agents de maîtrise, ouvriers etc. etc. il faut que cela change.
Nous devons recevoir cet appel à la prise de conscience.
La réceptivité supérieure exige que nous sachions reconnaître les influences néfastes que nous avons laissées pénétrer dans notre esprit et notre coeur car lorsque nous sommes vraiment réceptifs, nous pouvons entendre les dissonances mêmes de notre psychisme. Plus nous pouvons les entendre, mieux nous guérissons, car à chaque fois que nous détectons une note intérieure discordante, elle prend fin.
Le dernier aspect de cette observation froide de notre réalité porte sur les formes d´individualisme incompréhensible qu’ont souvent fait preuve nos frères et nos élites.

Contrairement à ce que l´on pourrait penser les sawas ont bel et bien participé à tous les manquements de la République. Depuis la République fédérale, en passant par la République unie jusqu´à l´actuelle République du Cameroun, les sawa ont joué des rôles importants occupant au passage des postes hyper influents dans une succession de gouvernements dont l´histoire continue de nos jours. On peut rappeler des souvenirs heureux : dans la délégation camerounaise qui va ratifier l´acte d´indépendance figure bel et bien un certain Ekwabi Ewane homme politique sawa de Nkongsamba ,,,
François SENGA KUO fut pendant des deccenies le maître penseur de toute la politique camerounaise dans laquelle il fit entrer Ebenezer Njoh Mouelle qui va à son tour devenir pendant une courte durée le centre de pensée du parti au pouvoir mais pendant 12ans conseiller du Président Paul Biya et à l´heure où j´écris ce texte Ministre de la communication.

Samuel Eboua fut pendant des années numéro 2 du palais de l´unité.
William Eteki Mboumoua fut pendant les deux régimes ministre et par ailleurs reste le plus grand diplomate que notre pays ait ventilé sur la scène internationale.
Ngangue Nseke fut ministre sous Ahidjo et Biya.
Robert Mbella Mbappe a multiplié une série de postes : Chancellerie universitaire, Cours suprême, ministères, direction générale etc. etc.
Alexis Dipanda Mouelle actuellement, en poste est le détenteur du pouvoir judiciaire au Cameroun.
Adolphe Moudiki , Laurent Essoh et Etame Massoma encore en poste sont parmi les hommes clé de l´actuel régime.
Mboa posons un regard sur les sawas du sud-ouest Ephraim Inoni, Ngome Kome Peter, Ngole Ngole, Mafany Mousongue etc. etc. ont ou sont des hommes clés du régime tout comme Benae Blaise Mpeke l´est pour les sawa du sud.

Mais alors, à Douala, après cette incroyable passivité qui a favorisé les bavures de Tanko Hassan à la section départementale de l´UNC mais surtout de Koloko Levis à la commune Urbaine de Douala voir Rue Koloko Levis en plein Bonapriso alors que le Docteur Bébé Eyidi ne tiens son nom qu´à la clinique Bebe Eyidi à Boneleke.

Douala a connu une tentative de reprise du contrôle de la cité par ses fils. C’est ainsi qu’à l´ âge de 18 ans, j ai moi-même participé à la campagne qui a porter Jean Jaques Ekindi à la tête de la politique départementale. Les revendications sawas ont commencé à prendre effet avec le retour des élites aux affaires de leur cité. Nous avons ainsi vue défiler tour à tour de rôle Christian Tobie Kouo, Joseph Pokossy Doumbe, Tobo Eyoum ; Etonde Kotto à la tête du plus gros budget d’une commune urbaine en Afrique francophone soit plus de 14 000 000 000 fcfa. Aujourd’hui une autre chance vient de nous être donnée avec Fritz Ntone Ntone ; cet homme dont on affirme dans tous les milieux qu’ il est un véritable guérisseur ; c est donc le prototype du vrai docteur, suffisamment aguerri pour sortir Douala de sa paralysie.

De Moukolo Ebanga à Ngolo Ngama les sawas ont eu également la possibilité de redonner un visage plus authentique à la ville de Nkonsamba de même pour nos frères de Buéa, Koumba, Limbé, Kribi etc. etc. On peut évoquer une liste interminable de noms. Certains ont pris leur retraite d´autres continuent à entretenir notre espoir.

Mboa, il ne s´agit pour moi de les indexer au banc des accusés encore que je n´ai pas compétence. Mais le bon sens veut
qu’à l´heure où nous commémorons les Martyrs qui ont donné leur vie pour que nous soyons la où nous sommes,
qu´à l´heure où nous essayons de réécrire notre histoire,
qu´à l´heure où nous procédons à l´autocritique générale du peuple sawa,
que chacun s´interroge sur le rôle positif qu´il a pu assumer en faveur du peuple sawa,
Des territoires sawa abusivement occupés,
De l´espace sawa divisé,
De l´économie et de la culture sawa contrôlées par les lobbys de contrôle du pouvoir financier,
Du rassemblement et de la conception d´une sawanite plus forte plus unie et plus prospère,
Mboa, une fois de plus rien que des regrets encore des regrets et toujours des regrets.
Mboa, n´ayons pas peur de le dire, n´ayons pas peur d´avoué la vérité ; c´est le début de tout possible changement.

Jean Paul Sartre nous apprend que pour sortir les choses de leur innocence il faut les citer. Oui il faut les citer ; ces situations doivent cesser de perdurer à l´ombre et croire que l´histoire va se rendre complice de ces graves manquements.

Nous avons le devoir de vérité de ne culpabiliser personne spécifiquement en revanche nous avons l´urgente mission de ne rien laisser innocent ; c´est la merveilleuse révolution que nous apporte les nouvelles technologies de la communication et de ´information donc Internet reste jusqu´à preuve contraire l´autoroute principale et la liberté d´expression absolue.
Puissions-nous constituer une force de changement ici sur le cyber espace dont le propre est justement d´être libre et hétéroclite.
Il y a un paradoxe. Pour être efficace il faut renoncer à nos divisions et pour être unis il faut sacrifier une certaine efficacité.

Je ne vois pas de solution dans l´immédiat. Mais je sais qu´il y en a une. Aidez moi à la trouver.

C’est la deuxième clé du concept.

Dr. Ngalle Menessier
 

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