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08.01.2008

Nimele Bolo (version en ligne / Online version) 

Peuplesawa.com vient de mettre Le livre mythique de la langue DUALA - NIMELE BOLO - en ligne.

Ce livre est concu pour les débutants (enfants comme adultes) et aussi pour tous ceux qui aiment les contes et poesies africains. La deuxième partie est donc un recueil de contes et poèmes en langue Duala.

Pour cette fin d´année 2007, prenons la décision d´apprendre cette langue "nationale" du Grand Sawa, et surtout dans la diaspora toujours importante, de l´enseigner aux enfants.

Plus tard, nous vous annoncerons la nouvelle sortie du livre de langue BASSA, espérant publier quelques extraits. Comme nous l´avons déjà dit, la standardisation du Bassa permettra l´élimination des plusieurs dialectes qui lui sont dérivés et faciliterait ainsi la réduction du nombre de langue de communication dans le Grand Sawa à 2 langues (le Duala et le Bassa standard).
Les dialectes doivent accepter de se fondre dans des concepts plus élargis.

Il est permit de le rêver, car ce serait absurde que cent ans après la colonisation, nous trainions encore les miriades de dialectes sans bases linguistiques propres.

Faisons la promotion de nos langues africaines. En ce qui concerne notre région, si tous les Sawa s´engagent à parler le Duala comme langue de communication (Le Linguala jouit déjà de ce statut dans la région des Grands Lacs, les 2 Congo inclus), le Cameroun entier prendrait un plaisir de faire de même. Nous voyons ce phénomène dans la musique.

On ne peut pas attendre que LA REPUBLIQUE adopte un consensus sur cette question de langue nationale africaine. Ce n´est pas le but de ces pays, fruits de la colonisation européene. Les régions doivent commencer à se regrouper sous des banières linguistiques et culturelles uniques. Le FrancAnglais n´est pas la solution.


Voici les liens:

LA SAWANITE

Les LANGUES SAWA - intro

NIMELE BOLO - Part 1

NIMELE BOLO - Part 2


Nandolo
Metusala Dikobe (Brother Metu)

===========================================

Par le Révérend Pasteur Simon Bolivar Njami-Nwandi

"L´Afrique s´annonce au Rendez-vous, la tête haute!"  Cette exclamation de Kum´a Ndumbe III qui se prête à une salve d´applaudissements de tout le continent s´annonce et s´arrête net à ce seul titre. Car tout l´exposé du livre ne nous présente qu´une Afrique entièrement vidée d´elle-même et avalée par l´Europe à travers laquelle elle se retrouve en lambeaux. C´est tout comme certains titres exaltants qui paraissent à la une des journaux à sensation sans contenu espéré. Le titre qui convient le mieux à la présente publication est le suivant: Comment arracher l´Afrique d´une culture d´extraversion génocidaire en laquelle elle s´est enlisée?

L´auteur cherche la réponse à cette question fondamentale concernant la situation de non existence à laquelle le noir africain a été placée depuis des siècles hors de toute sphère de décision engageant le destin de l´humanité. En interrogeant l´histoire, Kum´a Ndumbe III s´avise qu´en tant que berceau de l´humanité, l´Afrique est sans conteste le berceau de tout ce qui concerne l´humain. Que cet humain créé noir a bien assumé sa vocation dans tous les domaines de son évolution à travers les millénaires où il a développé une culture, créé une civilisation et inventé un mode de communication dont l´éducation a fait école. Qu´une mondialisation a existé depuis la rencontre des peuples. Que la pénétration de l´Afrique s´est retournée contre elle par des hôtes devenus envahisseurs. Qu´en lui prenant tout, l´occupant l´a rendu étranger sur son sol jusqu´à la marginalisation à l´échelle de la planète. Qu´il s´agit ici d´un désastre dont l´Europe occidentale est responsable et profiteuse exclusive. Que le Cameroun, son pays d´origine, n´a pas échappé à ce désastre. Qu´il a sombré dans le néant avec toute l´Afrique ravagée, à l´instar des autochtones américains massacrés par les mêmes blancs d´Europe. Que cet anéantissement a suivi un long processus dont les principales sont: l´esclavage, la colonisation et la néo-colonisation. Qu´une indépendance formelle octroyée à l´Afrique par sa maîtresse l´Europe, dans des conditions fixées par elle et contrôlées par elle n´a rien changé au sort funeste de l´Africain qui continue de vivre dans sa sous-humanité, sans politique propre, sans économie propre, sans éducation propre et même sans langue propre.

La chose fondamentale en laquelle se reconnaît un être humain, c´est effectivement le langage dont la langue est l´expression. Or, l´Africain du troisième millénaire après Jésus-Christ a perdu jusqu´à sa langue. C´est sur ce point capital que se termine l´oeuvre dramatique de notre dramaturge éperdu et bouleversé.

En voici la conclusion:

Les langues africaines sont un élément-clé pour la recomposition de la personnalité de l´homme d´Afrique, pour le rétablissement de son équilibre psychique et mental, et pour la réconciliation avec
lui-même. L´introduction de ces langues dans le système scolaire et universitaire permettra un redéploiement des nos énergies qui mènera vers un nouveau développement économique de nos pays et vers un nouvel équilibre de la personne et de nos sociétés. Cette direction, me semble-t-il, vaut la peine d´être prise dès maintenant.

Qui écoutera jamais ce cri lancé dans le désert? L´appel est pourtant aussi vital qu´il se veut pressant. Car il en va de la résurrection de notre continent mort et enseveli. Je comprends d´autant mieux le cri lancinant de l´auteur que je suis un professionnel de la parole en ma triple qualité de prédicateur, d´enseignant et de communicateur.
Kum´a Ndumbe III est un prince duala, ethnie dont la langue est la première du Cameroun à sortir de l´oralité à l´écriture et àla littérature. Une belle langue qui se prête à tous les genres littéraires,
et qui s´est vu traduire l´intégralité de la Bible depuis 1872 par l´Anglais Alfred Saker, disciple de l´Afro – Jamaïcain Joseph Merrick.

Je suis Bassa. Mais j´ai commencé l´école en langue duala, comme c´était le cas à l´époque dans tout le Littoral.
J´y suis resté pendant trois ans jusqu´à maîtriser l´écriture, la lecture, le calcul, la morale, le dessin, l´instruction religieuse et le sport dont notamment la lutte et la natation. C´est en ma
quatrième année de scolarité que j´ai entrepris l´étude du français en tant que langue étrangère. Mon bassa maternel, je ne l´apprendrai scientifiquement qu´étant déjà à l´université. Grâce à une bonne base d´éducation en langue africaine, j´ai pu faire d´excellentes études aux meilleures universités européennes.

Or avant de rentrer d´Europe, toute l´instruction était extravertie au Cameroun. Plus d´école en langue camerounaise! Devenu inspecteur des écoles protestantes à Douala, j´ai exigé que l´instruction reprenne en langue duala, fort de l´expérience dont j´étais fier. Mais les parents d´enfants duala m´ont assailli les premiers pour m´interdire de retarder l´éducation de leur progéniture en leur imposant inutilement un cycle en patois duala! J´ai beau leur dire, à partir de mon exemple, que leurs enfants vont plutôt s´instruire mieux à partir de leur propre langue qui n´était pas un patois, personne ne m´a écouté, et le duala a été totalement rejeté de l´école par les Duala!

Lors d´une réunion mondiale d´étudiants à Genève en fin 1960, il a été lancé entre toutes les délégations des pays représentés un concours du meilleur hymne national en paroles et en musique. Toutes les anciennes colonies françaises d´Afrique nouvellement proclamées indépendantes y prenaient part. Elles ont toutes chanté en français. Seule la délégation camerounaise s´est exécutée en basaa du Cameroun sous mon impulsion: Elle a obtenu le premier prix de cette compétition mondiale grâce à son originalité d´avoir seule, utilisé une langue africaine. Pour nous imposer les langues européennes, on a toujours prétendu combien les nôtres étaient pauvres! Je suis théologien. Or, prédicateur réputé brillant par tous les critiques, je n´ai jamais manqué de mots précis et convenables en basaa ou en duala dans mes sermons depuis un demi siècle de ministère pastoral fécond. Nos langues sont mêmes meilleures aux européennes grâce á l´hébreu plus proche de notre environnement, de notre spiritualité et de notre cosmogonie. Je suis tout aussi à l´aise en
philosophie, en histoire-géographie et en littérature dans nos langues qui n´ont rien à envier à n´importe quelle autre.

Pourquoi voulez-vous que des gens qui n´ont jamais appris ces langues en maîtrisent le vocabulaire? La langue la plus riche sera toujours pauvre pour celui qui ne la connaît pas! Quel régal culturel que nos cantiques et nos chansons en langues africaines pourtant marginalisées!

Tenez! C´est un miracle qu´en 2007, le prince Koum Ndoumbe ose encore transcrire correctement son nom en Kum´a Ndumbe III! J´ai laissé un arrêt de jurisprudence à Lausanne en Suisse où ayant fait un fils le 4 janvier 1961 à 8H11, j´ai déclaré à l´état civil vaudois qu´il s´appelle Njami-Njami. L´officier d´état civil a résisté en arguant que m´appelant Njami-Nwandi, mon fils légitime ne peut s´appeler que Njami-Nwandi,
retenu comme patronyme familial. J´ai beau lui expliqué que ma culture était tout autre, en le renvoyant sur mon livret de famille où le nom querellé arrivait en quatrième position, mes trois premiers enfants portant chacun son nom propre lié au mien, il tenait à m´imposer sa loi. A la fin, lui-même a proposé que pour ce cas d´espèce, il consultait Berne qui, une semaine après, nous a envoyé un expert de droit international. Celui-ci, nous ayant écouté l´un après l´autre, trancha en ma faveur en concluant que, comme Ngo-Njami, Malet ma Njami et Nwandi-Njami, Njami-Njami soit inscrit comme tel. Car loin d´être une tautologie
superflue, le premier Njami était le nom de l´enfant. Le second Njami indiquait le nom du noble et heureux géniteur que j´étais. C´est exactement la même loi anthroponymique qui régit l´appellation Kum´a Ndumbe III.

Je soutiens donc cet éminent homme de science qui tire à son continent une sonnette d´alarme pour qu´il veuille bien accepter de se réconcilier avec lui-même à partir de sa culture millénaire qui a tout pour le réhabiliter. Emile Durkheim, l´un des maîtres fondateurs de la sociologie a appris aux hommes la vérité suivante:
chaque peuple a une culture qui lui est propre. On ne peut lui imposer une autre, si élevée soit-elle, sans le désorganiser.

L´Afrique en général, et le Cameroun en particulier sont désorganisés par l´extraversion génocidaire. Pour revenir dans l´ordre voulu par la nature elle-même, il faut que les peuples africains se retrouvent sur la base de leur identité première à partir de laquelle l´homme a vu le jour en Afrique avec toutes les ressources vitales qui ont fait évoluer l´humanité jusqu´au stade où elle se trouve actuellement.

Yaoundé, le 10 juillet 2007

Septuagénaire, Simon Bolivar Njami-Nwandi est ecclésiastique, universitaire, communicateur et homme politique, Pasteur et Professeur, il a exercé comme tel aux Eglises et universités de France et du Cameroun.
Ancien Député à l´Assemblée Nationale du Cameroun, il a été également membre du Gouvernement du même pays aux départements ministériels de la Santé Pubilque et des Domaines de 1992 à 1997. Il a servi l´Enseignement confessionnel protestant de même qu´il a supervisé l´oeuvre médicale protestante en relation avec l´Etat, de 1999 à 2003. Depuis le 15 Mars 2007, il est nommé par décret présidentiel, Membre de la Commission Nationale Anti-corruption (CONAC). Il a déjà publié des livres et articles en différentes disciplines de sa compétence polyvalente



 

Source: Dikalo la Mboa Sawa | Hits: 18888 | Envoyer à des amis  ! | Imprimer ! | Réagir(0)

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