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09.01.2007

MUSIQUE: PELE-MELE - Des désaccords et plagiats 


Le show-biz camerounais a souvent été marqué par des problèmes de plagiat entre artistes. Avec des dénouements divers...


Partons d´un postulat cher aux artistes. "La reprise d´une partie d´une musique sans l´accord de ses créateurs constitue une reproduction illicite".

Contrairement à une idée très répandue dans le milieu musical en effet, il n´existe aucune tolérance quant au nombre de mesures ou de notes qui pourraient être copiées sans autorisation. Plus grave encore, plagier toute une chanson qui soit la création de quelqu´un d´autre est complètement interdit. Et pourtant, au Cameroun comme ailleurs, plusieurs cas de reproduction illicite, réelle ou supposée, ont opposé des artistes et alimenté les chroniques dans les milieux culturels.


Les cas les plus marquants concernent les artistes camerounais ayant atteint une certaine dimension dans leur carrière musicale. A l´instar de Manu Dibango, qui, en 1972, a fait une chanson qui deviendra plus tard ce que ses fans considèrent aujourd´hui comme le tube de sa vie, "Soul Makossa". Pour cette chanson, il y a en effet eu un procès fort médiatisé contre Michael Jackson et, plus tard, un autre contre Jennifer Lopez.


Pour le cas de Michael Jackson, certaines sources ont révélé que c´est le célèbre compositeur et arrangeur américain Quincy Jones qui a mis une minute et demie de "soul makossa" dans l´album de Jackson. Jennifer Lopez, elle, aurait carrément pris le disque; puisque, comme le révèlera Manu Dibango en personne, "elle ne l´a pas mis dans son CD, mais plutôt dans la vidéo. Elle va perdre (le procès), c´est certain... "


A propos des complaintes de Manu Dibango, les avis sont pourtant divergents. Quelles que soient les versions, le saxophoniste finira néanmoins par obtenir gain de cause dans ce différend. Le montant de la réparation pour préjudice subi n´a jamais été révélé. Toutefois, on sait que l´album "Thriller" objet du litige, a atteint des chiffres de vente "hallucinants". Manu Dibango aurait donc touché gros puisque, en donnant raison au musicien camerounais, la justice a également ordonné qu´il perçoive une compensation financière sur les ventes françaises de l´album de Michael Jackson.


Dans les années 1970 toujours, le show-biz camerounais a été marqué par une autre histoire de plagiat entre André Marie Tala, jeune artiste alors, et une autre grosse pointure de la musique américaine, James Brown, décédé le 25 décembre dernier. La pomme de discorde : la chanson "Hot-koki", reprise par "le roi de la soul", et dont l´artiste camerounais dit en être l´auteur.

"Il fallait du courage pour s´attaquer à ce monstre sacré. Il n´était pas facile d´attaquer à un monument comme James Brown. De plus, personne ne me croyait. Il a fallu que des gens comme Georges Collinet (qui travaillait à l´époque à La voix de l´Amérique) montent au créneau en présentant les deux versions de la chanson Hot-koki : celle de James Brown et la mienne pour que les Africains écrivent de milliers de courriers qu´on a déversés chez James Brown. Avec mon éditeur, on a engagé des poursuites et, au bout de quatre ans, on a gagné le procès...", se souvient André Marie Tala.


Comme ce dernier, le groupe Fadah Kawtal également, a été confronté à un problème similaire au tout début de sa carrière. Le groupe camerounais se plaignait en effet de la reprise sans autorisation par le très populaire artiste congolais Werrason, de sa chanson à succès intitulée "Kilanta", sortie en septembre 1997. Lorsqu´on évoque l´affaire, Haman Daniel Isnebo, le chanteur principal de Fadah Kawtal, a encore le coeur gros. "Tout notre texte a été copié. J´ai eu le malheur, à l´époque, que la Socinada était dissoute. Il n´y avait donc pas moyen, pour mon groupe et moi, de s´attaquer à notre confrère congolais. Du coup, seuls les tribunaux français, nous avait-on expliqué, étaient compétents pour régler le différend. Nous avions alors saisi notre avocat, Me Ndocki, afin que la procédure puisse être enclenchée. Le dossier a d´ailleurs été compilé et transmis à Jps, le producteur de l´album à problème de Werrason. Notre producteur à nous, lui, devait s´occuper de la suite à Paris. Mais l´affaire s´est finalement noyée, sans que nous ne sachions pourquoi. Nous avons donc dû jeter l´éponge...", confie-t-il.

Tentacules


Avec la création de la Cameroon Music Corporation (Cmc), y a-t-il pour autant un espoir que le dossier resurgisse devant les tribunaux camerounais ? A ce sujet, Isnebo avoue qu´il n´y a pas pensé jusque-là. Toutefois, poursuit l´artiste, "les experts en la matière nous indiqueront la conduite à tenir. S´il existe une brèche pour relancer l´affaire, cela nous arrangerait en effet. Surtout que nous avons perdu pas mal d´argent il y a quelques années, pour déclencher une procédure qui s´est malheureusement avérée foireuse."

Sur un plan purement local, des désaccords ont tout aussi été perçus entre artistes. C´est le cas du vieux briscard Jean Bikoko Aladin, qui, selon sa version des faits, est le véritable " père" de la chanson "Dibena", qu´il aurait cédée à "son petit frère" au cours d´un séjour parisien. Dans l´opinion populaire pourtant, "Dibena" est incontestablement l´eouvre de Toto Guillaume. Dans les années 80, lorsque l´album de ce dernier est mis sur le marché du disque, aucune mention n´est d´ailleurs faite sur la pochette, en référence à Jean Bikoko. Conséquence de cette mésentente, la chanson est reprise quelques années après, au rythme de l´assiko, par son concepteur présumé. Toguy n´en fera aucun problème. Un signe ?


Même réaction d´ailleurs de la part de Grâce Decca, après la sortie de "Compréhension" par son confrère Roméo Dicka. On apprendra néanmoins que la chanson avait préalablement été cédée (contre paiement ?) par ce dernier à Grâce Decca. Laquelle, à travers sa voix fluette, en a fait un tube. Un succès qui va d´ailleurs déteindre sur la reprise de Roméo Dicka, très peu appréciée par les mélomanes. Parce qu´elle composait très peu à ses débuts, Grâce Decca a d´ailleurs été au centre d´une autre polémique. "Sa" chanson intitulée " Mbagna", un rythme Essewè compris dans l´album "Princesse", a, moins d´un an après, fait l´objet d´une reprise, dans le style Bend Skin, par... André Marie Tala, qui déclarait alors en être l´auteur. On ne sait pas, à ce jour, comment s´est dénoué le conflit...


A propos de la chanson "L´amour et la misère", que dire alors du conflit opposant le Maréchal Papillon aux jumeaux Epée et Koum ? Certains y ont vu un acte d´escroquerie.


Mais Papillon explique qu´il avait bel et bien composé la chanson pour ses jeunes confrères, qui éprouvaient cependant des difficultés à produire leur album. "Et comme je suis entré en studio avant eux, j´ai simplement repris ma chanson", explique le Maréchal. Dans le même chapitre, La Voix du Cenacle du professeur Gervais Mendo Ze a fait face aux complaintes des Petits conteurs de Dieu, un groupe de chorale basé à Sangmelima, au sujet de la paternité de "Assimba". Pareils pour les défunts Messi Martin et Sala Bekono, au sujet du titre à succès "Ossas", mis sur le marché par Sala Bekono. Le premier déclarait en être le créateur, et que le second connaissait pour avoir évolué comme chanteur à ses côtés, quelques années avant, dans le groupe "Los Camaroes". Mais l´affaire n´ira pas plus loin que les revendications médiatiques...


Ces dernières années, Richard Amougou et le groupe Richard Band de Zoétélé, eux, ont créé l´événement autour de la chanson "Evénement", qui a propulsé le premier album de Richard Amougou au sommet des Hits en 2003. Jean Pierre Djemba, qui produira le groupe Richard Band plus tard, avec les mêmes sonorités, avait ameuté l´opinion et décidé de porter plainte. Mais l´affaire s´est tassée. Sans suite...


Eugène Dipanda, Mutations

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Dec 2006 : Ange Bagnia, Nadia Ewandè, Henri Njoh, …bientôt sur le marché.
Jeannot Ekwalla, celui qu’on appelle communément Maestro dans le milieu de la musique de chez nous

De Douala à Paris, en passant par Yaoundé ou Dakar, on met la dernière main à la pâte. Objectif : être dans les bacs d’ici la fin de l’année. Décembre étant traditionnellement considéré, à tort ou à raison, par les acteurs de l’industrie musicale, comme le mois par excellence au cours duquel ils doivent lancer leurs produits sur le marché. Et même si les Nicole Mara, Longuè Longuè, Belka Tobis et bien d’autres encore ont pris les devants en ayant déjà sorti leur opus dans les premiers mois de l’année 2006, c’est la fin de l’année qui devrait voir davantage de nouveautés inonder le marché.
Sur la longue liste des artistes que l’on devrait beaucoup écouter, danser ou fredonner au cours du dernier trimestre 2006, on retrouve notamment Ange Bagnia dont l’album s’annonce extrêmement varié sur le plan musical, des thématiques abordées et des langues utilisées pour chanter.

Du grand Etienne Mbappè

Le titre “ Entre le cœur et la rancœur ” écrit par celui qu’on appelle communément Maestro dans le milieu de la musique de chez nous, Jeannot Ekwalla, apparaît comme du sur mesure pour le timbre vocal de cette chanteuse à la voix quasi angélique. Henri Njoh, qui pensait lancer son deuxième opus depuis quelques mois déjà, a été contraint de repousser cette sortie. Jeannot Ekwalla, auteur compositeur de bien des titres du précédent dont Longè Lam et de quelques morceaux du prochain disque, a exigé que son nom figure sur la jaquette. Ce que Henri Njoh avait omis de mentionner la première fois. Conséquence de cette méprise, l’auteur compositeur qu’est Jeannot Ekwalla n’a pas touché un radis sur l’opus à succès Biyéy’a Mum’a ngo. Morceau qu’il a pourtant écrit !

Berné une première fois, Jeannot Ekwalla a vite fait de saisir la Cmc aussitôt qu’il a eu vent de ce que Henri Njoh s’apprêtait à frapper et à faire distribuer cette nouvelle œuvre qui contient pas moins de quatre de ses compositions. Autre chanteuse dont la voix emprunte les textes et mélodies made by Jeannot Ekwalla, Nadia Ewandè. Son futur album contient un certain “ Mon stimulant d’amour au quotidien ” décapant.

Enfin, des artistes comme Etienne Mbappè, auteur compositeur et musicien dont le talent et la virtuosité sont reconnus partout dans le monde est sur le point de sortir un vrai petit bijou. Il met à profit les dernières semaines pour peaufiner le mixage d’un opus qui aura plus de dix titres. Nous l’avons écouté en avant-première au studio Juno non loin de Villeneuve-St Georges, en région parisienne. Avec en particulier, un double hommage à Eboa Lotin à travers Sibisè Mulema très reggae et un Elimb’a Dikalo qui se danse comme un bolobo, façon typiquement Etienne Mbappè. L’un des papes de la guitare basse devrait d’ailleurs être au Cameroun dès début décembre pour entre autres, lancer officiellement la sortie de sa deuxième œuvre en solo.

Par Jean-Célestin EDJANGUE
Le 19-09-2006
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Jeannot Ekwalla, artiste, auteur compositeur, musicien

“ Il n’y a pas de grande ou de petite musique, mais de bons ou mauvais musiciens ”
De Lambo la njangi, chanté par Pierre de Moussi à Pardonne-moi, interprété par Charlotte Dipanda dans l’album de Sergeo Polo, en passant par les Mêmes idées de Marthe Zambo, difficile de trouver un chanteur ou un musicien pour qui il n’a pas composé. En cette période de rentrée, le Maestro comme on l’appelle affectueusement dans le milieu, parle des difficultés de la musique camerounaise et de ses espoirs quant à l’avenir. Il en profite pour glisser un mot sur ses prochaines compositions, chantées par d’autres artistes et que l’on retrouvera sur une dizaine d’albums à sortir d’ici décembre 2006.

Vous êtes reconnu par les artistes camerounais comme étant l’un des meilleurs compositeurs et paroliers de ces dernières décennies. Comment êtes-vous arrivé dans la musique ?
Mon père, Stéphane Ekwalla était maître du chant choral. Il y avait donc un harmonium à pédales à la maison sur lequel je m’amusais à jouer de temps en temps, sans avoir une idée quelconque de la musique. Mais c’est avec mon frère aîné, Jean Alexandre Ekwalla, qui était déjà bon musicien du temps où il fréquentait le lycée Leclerc à Yaoundé que je me suis révélé. Il m’a appris à lire une partition, à plaquer un accord, une note. Pour le reste, je me suis débrouillé seul, en répétant le plus souvent possible les notes des musiques que j’écoutais. C’est comme cela que j’ai appris à composer des morceaux.

Quand on écoute les chanteurs camerounais, on a le sentiment qu’ils n’ont plus rien à véhiculer comme message. Comment expliquer la pauvreté des paroles et l’absence de créativité chez nos musiciens ?
Les difficultés de la musique Camerounaise d’aujourd’hui viennent de ce qu’il n’existe pratiquement plus de gens qui chantent bien. Je continue de penser qu’il n’y a pas de grande ou de petite musique. Mais de bons ou de mauvais musiciens. Ces dernières années, notre musique a aussi pêché au niveau des arrangements et des compositions. Les arrangeurs manquent d’originalité et comme les bons compositeurs sont rares…Les gens ont tendance à oublier que la musique est un art. Pour que cet art s’exprime harmonieusement, il faut éviter de l’étouffer avec une surabondance de sons. Les artistes comme Toto Guillaume, compositeurs et arrangeurs de talents sont peu nombreux.

Est-ce à dire que l’avenir de la musique camerounaise est menacé ? Comment faire pour redonner le souffle de la vie à notre musique ?
Nous avons une musique très riche. Riche des histoires de chaque région, chaque communauté et des différentes cultures de nos peuples. Ce qui fait le plus défaut aujourd’hui à la musique camerounaise c’est la transmission du savoir entre générations. Les jeunes chanteurs et musiciens doivent se rapprocher des plus expérimentés pour s’améliorer. Cela dit, je reste optimiste quant à l’avenir.

Par Recueillis par Jean-Célestin EDJANGUE
Le 19-09-2006

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Coco Mbassi, artiste musicienne

“ Je serai au Cameroun en décembre ”


A 37 ans, c’est une chanteuse accomplie. Ses deux premiers albums, “ Sepia ” et “ Sisea ” ont enchanté les publics du Cameroun et du monde. En décembre 2004, Coco Mbassi a fait le tour du Cameroun en spectacles comme pour se réapproprier le pays qui l’a vu grandir et qu’elle a dû quitter pour répondre aux sollicitations de son métier. Installée à Londres avec sa famille pour, dit-elle, donner une “ éducation anglophone ” à ses enfants, la chanteuse annonce son prochain album, parle de sa nouvelle vie londonienne et de sa foi chrétienne, s’indigne de la gestion de la musique camerounaise….


Depuis votre dernier album “ Sisea ” sorti en 2003, on ne vous a plus vue sur le marché. Les mélomanes commencent à trouver le temps long…
Il faut toujours un certain temps pour mitonner de bons repas, il faut 9 mois pour arriver au terme d’une grossesse et mettre un enfant au monde. De même, pour rester fidèle au public et offrir de la musique de qualité, il faut du temps. Je prends ce temps pour faire un album à la hauteur des deux premiers. En attendant mon prochain album en préparation, mon public peut découvrir le Dvd Live que j’ai sorti en décembre 2005. Je prends mon temps.

Partagez-vous l’avis de ceux qui disent que vos deux albums constituent votre vrai acte de naissance comme artiste musicienne ? Quels messages véhiculez-vous dans vos deux premiers albums ?
Je ne sais pas si ces deux albums constituent mon acte de naissance car avant ces albums je composais déjà depuis longtemps et j’étais déjà une artiste et une musicienne, même si le public ne me connaissait pas encore. Je pense qu’on est artiste toute sa vie de la naissance à la mort.
J’ai voulu raconter mon histoire et celle d’autres personnes, la vie, mes expériences de femme et d’Africaine, ma vie en Europe, ma foi en Jésus, et des messages de respect pour tous les humains, de respect des femmes bref tout ce qui me tient à cœur.

Quels sont les héritages musicaux qui influencent le plus vos compositions ?
Les héritages musicaux qui ont le plus influencé ma musique sont les musiques traditionnelles que j’écoutais à Dibombari, village de mon père, et à la radio Camerounaise, ainsi que le makossa et toutes les autres musiques auxquelles j’ai été exposé: le classique, le jazz des grands orchestres, le gospel, les musiques noires américaines - Stevie Wonder, Michael Jackson jusqu’à l’album Bad, Isaac Hayes, The Temptations etc.-, mais aussi Bob Marley...

Vous avez longtemps chanté pour de grands artistes avant de voler de vos propres ailes. Ne pensez-vous pas que vous auriez dû, du fait de la qualité exceptionnelle de votre voix, démarrer plus tôt une carrière en solo ?
La Bible dit qu’il y a un temps pour toute chose. Je pense que mon premier album est sorti au bon moment; il faut du courage et de la maturité pour composer des chansons qui en valent la peine, et oser les mettre à la disposition du public. Je suis toujours dans ce travail et cette croissance émotionnelle et spirituelle: le chemin est long, et on ne cesse d’apprendre qu’à la fin de sa vie.

Vos compositions mêlent les influences jazz avec les rythmes africains. Y a-t-il une signification particulière à cet alliage musical ?
Le jazz peut être résumé à de la musique traditionnelle africaine dont certaines notes seraient tombées dans l’océan lors des voyages des Africains à bord des bateaux allant vers le continent américain, ayant ensuite remplacé ces notes par d’autres, glanées sur le continent américain. Ses origines sont très africaines, donc quoi de plus naturel?

Vous avez longtemps chanté pour la chorale. Qu’apporte ce type d’expérience à une artiste musicienne ?
Lorsque j’ai chanté avec la chorale des Chérubins, je chantais ma foi et je servais Dieu à travers ma voix. Nous n’étions pas rémunérés par exemple; il s’agissait véritablement d’une chorale au service de l’Eglise. Ceci dit, j’ai appris à chanter avec d’autres personnes, à mêler ma voix de manière homogène à d’autres voix et cela est essentiel pour faire de beaux chœurs. J’ai également rencontré de nombreux artistes à travers la chorale. J’ai surtout été grandement bénie.

Dans vos chansons, vous abordez des thèmes courants : amour, famille, amitié… Pourtant il semble se dégager de vos chansons une sorte de dissidence. Vous définiriez-vous comme une résistante, une dissidente de la chanson ?
Non, je ne me sens pas dissidente parce que la référence parfaite pour moi est la Bible et rien de ce que je chante n’est contraire à la Bible. Peut-être suis-je dissidente par rapport à l’ordre établi, imparfait parce qu’humain.

Sur votre site, on peut lire cet excellent extrait de la Bible sur la foi : “ La foi est une ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration pour celles qu’on ne voit pas ”. Jusqu’où va votre engagement chrétien ?
Mon engagement chrétien est indissociable de ma vie; je suis dans ce chemin étroit où par la grâce de Dieu, on a la possibilité de s’améliorer et de ressembler à Jésus. Sans Dieu, je ne suis rien, et je ne veux pas être sans Lui.

Que fait Coco Mbassi lorsqu’elle ne chante pas ?
Je vis, je me lève, je prie, je lis ma Bible, je m’occupe de mes enfants. Je donne également des cours de chants polyphoniques africains (ex: chants Pygmées) et je lis énormément.

Que représente le Cameroun dans votre vie aujourd’hui ?
Le Cameroun est le pays de mes ancêtres, le pays où j’ai reçu mon éducation primaire et secondaire, celui où j’ai appris à aimer et respecter les cultures Africaines, celui de mon père et de ma mère. C’est mon inspiration constante, la base de ma musique.

Comment avez-vous accueilli la démission de Manu Dibango de la Cameroon Music Corporation, la société qui gère, entre autres, les droits d’auteurs des artistes camerounais dont la musique est diffusée au Cameroun ?
Je ne connais pas les détails de l’affaire; chacun y va de son commentaire. Ce que je sais c’est que Manu Dibango est un grand artiste, très respecté partout dans le monde et il est une référence pour moi. Peu d’artistes peuvent se comparer à lui du point de vue de la carrière. J’ai hâte que le Cameroun qui foisonne d’artistes puisse leur offrir une société de droits d’auteurs qui fonctionne bien.

Sur le plan musical, comment vous situez-vous par rapport à vos compatriotes Richard Bona, Etienne Mbappé ou encore Henri Dikongue ?
Ces trois artistes ont dignement représenté le Cameroun à travers leur musique et je les respecte énormément. Je ne me situe pas par rapport à eux. Chacun de nous suit sa propre trajectoire, et mon souhait est de faire honneur à mon public du monde entier.

Seriez-vous prête à venir vous installer définitivement au Cameroun, à Dibombari par exemple quand viendront vos vieux jours ? Peut-on savoir quelle est la date de votre prochain séjour au Cameroun ?
Je ne sais vraiment pas ce que je ferai lorsque je serai vieille. On verra à ce moment-là. Si Dieu veut, je serai au Cameroun en décembre prochain.

Par Entretien avec Yves DJAMBONG
Le 15-09-2006
 

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